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MAX STEFFEN & KAI HENGEN (MODULOR)

When? 19.10.18 Where? Place du Théâtre Place du Théâtre L-2613 Luxembourg Ville

MAX STEFFEN & KAI HENGEN (MODULOR)

LUC – LUXEMBOURG CITY BENCH

maxsteffen.com

Place du Théâtre, Luxembourg Ville

Inauguration : 19.10.2018, 17h30

En présence de Madame le Bourgmestre et des membres du collège échevinal

Partenaires : Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean, Ville de Luxembourg, Ministère de l’Economie

Max Steffen
La banalité ? C’est mainstream.

Le designer luxembourgeois Max Steffen est Equipment Design Director chez The North Face à San Francisco et a étudié le design industriel à la Hochschule für Gestaltung à Pforzheim en Allemagne. Son défi ? Repenser les objets du quotidien les plus banals et les plus utilisés. Rencontre avec le créateur d’un banc, public et insolite.

Interview réalisée par Jeanie Da Silva (BTS Media writing, Lycée classique de Diekirch)

Pouvez-vous nous expliquer votre définition du design ? Comment cette définition est-elle déclinée dans le projet pour Design City 2018 ?

Tout d’abord, un produit – peu importe que ce soit un objet usuel du quotidien, une application ou un élément d’un ensemble architectural – doit être fonctionnel. En général, un projet commence donc par un questionnement : qui va être l’utilisateur et quels sont ses besoins ? Ensuite la quantité d’émotions que nous pouvons apporter, pour éventuellement même dépasser ses attentes, dépend à chaque fois du projet.

L’art et la mode urbaine me servent de source d’inspiration afin de définir une esthétique novatrice et sobre. Aujourd’hui, je cherche de plus en plus à me connecter avec des marques et fabricants qui ont une vision holistique et responsable du design. Le designer peut donc intervenir aussi sur les points stratégiques du produit et réfléchir où et par qui le produit est fabriqué ou encore comment il sera emballé et présenté dans le commerce.

Le banc que nous présentons pour Design City entre tout à fait dans cette conception, car avec la menuiserie Modulor nous avons créé non seulement un dessin et un prototype, mais surtout une micro-production, locale et équitable.

Comment avez-vous abordé le défi de repenser un objet en apparence aussi banal qu’un banc public ?

Les objets soi-disant banals sont pour moi les plus intéressants. Nous en touchons plusieurs centaines par jour : un verre, une poignée de porte, nos clés de voiture, nos chaussures, un magazine, un clavier… Tous ces objets sont passés par l’étape « design » tôt ou tard dans le processus de fabrication. J’ai un faible pour ces objets usuels comparés à ce que nous appelons « objets design », souvent assimilés à du haut de gamme ou aux objets amusants des boutiques de musées.

Un banc est un objet très intemporel, il y en a eu dans le passé et il y en aura dans le futur. L’innovation de notre banc joue sur le choix et la combinaison des matériaux. Nous avons intégré le Corian®, matériau minéral souvent utilisé en architecture ou pour des plans de travail en cuisine dû à ses propriétés résistantes. Ceci nous permet aussi d’individualiser le banc selon son champ d’application.

Pouvez-vous nous décrire votre processus créatif ?

Pour moi, le processus créatif s’assimile presque à du rangement. On prend une idée, un concept, puis on collectionne toutes les informations nécessaires et potentiellement intéressantes liées à cette idée initiale. Puis, on range. On garde le nécessaire, ce qui plaît, et on élimine ce qui n’est pas indispensable.

La création, c’est faire le tri des idées. Pour offrir des réponses stratégiques à mes clients, plutôt que des réponses liées à des tendances et à des goûts personnels, j’ai développé ma propre méthodologie. C’est un travail continu car chaque projet et chaque collaboration apporte ses propres défis.

En dehors du design, qu’est-ce qui nourrit votre travail ?

J’ai adopté un chien qui sait très bien me distraire et qui m’aide à rester en forme. Cette déconnexion est très nourrissante. L’univers cinématographique est une source d’inspiration. J’aime beaucoup l’esthétique des films de Terence Malik ou des frères Cohen, par exemple. Prenons le film Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve. En tant que designer, cette histoire m’offre énormément de stimuli visuels et intellectuels.

Me craft – You industry – We design. Pouvez-vous nous donner votre point de vue sur la relation entre ces trois éléments ?

Je pense que la thématique reprend un peu ce que j’ai abordé plus haut : l’interaction entre l’industrie et le designer qui est en mouvement. Mais j’y reconnais aussi le rôle des réseaux sociaux qui peuvent aider à réunir différentes compétences.

D’une part, les réseaux sociaux peuvent aider les designers individuels à partager leur travail et à être repérés par des marques. D’autre part, pour une marque qui veut entrer ou rester sur le marché, il ne suffit plus d’offrir un bon produit. Les consommateurs veulent savoir d’où vient le produit, de quoi il est fait, comment il est fabriqué et qui l’utilise. Les designers sont donc devenus indispensables pour créer un autre matériel, celui de la communication qui se partage.

Shortcut

‘A glass, a doorknob, car keys, shoes, a magazine, a keyboard ... All these objects pass through the hands of a designer at some point in the manufacturing process’, says the Luxembourgish designer Max Steffen, and this fits perfectly with his forthcoming project: a bench for Design City LX Festival. He is fond of the most ordinary objects, which is why he wanted to design a bench where the innovation stems from the choice of materials. He uses the mineral material Corian®, which is often used in architecture and can be customised according to its application.

Max Steffen, en collaboration avec Modulor menuiserie, LUC – Luxembourg City Bench, 2018 Corian, acier, 180 x 80 x 82,5 cm. Commande Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean, Ville de Luxembourg et Ministère de l’Économie © Max Steffen
Organised by Mudam In collaboration with Ville de Luxembourg