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boijeot.renauld et 2m26

When? 18.10.18 - 27.10.18 Where? Ville de Luxembourg Ville de Luxembourg L-1499 Luxembourg

BOIJEOT.RENAULD & 2M26

(Laurent Boijeot, Sébastien Renauld et Mélanie Heresbach)

LA TRAVERSÉE DU LUXEMBOURG

boijeotrenauld.com

18.10 – 27.10.2018

Ville de Luxembourg

Partenaires : Mudam Luxembourg – Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean, Ville de Luxembourg

Les mauvaises rencontres n’existent pas

Pour les trois designers, l’espace public est une vaste aire de jeux. À travers leurs actions urbaines, ils cherchent le contact direct avec les habitants d’une ville ou d’un quartier et les impliquent directement. Rencontre avec trois artistes en perpétuel mouvement, qui ont le « social design » dans la peau.

Interview réalisée par Nancy Lambert (BTS Media writing, Lycée classique de Diekirch)

Votre travail adopte des formes très diverses car toujours liées à un contexte particulier. Ainsi, pour vos « traversées », munis d’une « unité de vie » (un lit, une table, des chaises, une valise), vous traversez une ville, un quartier, une institution. D’un bout à l’autre, vous portez des meubles, pour en offrir l’usage au public. Quel aspect vous a intéressé dans la ville de Luxembourg ?

Notre travail est très varié et il est effectivement basé sur les circonstances spécifiques de chaque environnement. Pour les traversées, il s’agit toutefois d’un outil fixe et commun. La « pièce » se crée sur ce dispositif et celle-ci sera toujours ultra contextuelle, car elle sera construite par les habitants eux-mêmes. Nous sommes donc incapables de tout savoir avant de le réaliser. Ils exprimeront sur ces outils leurs propres histoires.

Pour notre part, avec cette action nous nous efforçons plutôt de relever les points communs, ce qui fait la ville et la rue, au-delà ou en décalage de la culture spécifique à chaque ville traversée. Nous recherchons l’humain, en ce que nous avons tous en commun, et non pas les différences d’une culture par rapport à une autre.

Comment préparez-vous une traversée et quelle configuration avez-vous prévue pour celle de la ville de Luxembourg ?

Nous mangeons des aliments riches en protéines et nous essayons de faire des siestes. Nous utilisons la même configuration que d’habitude : discussions, palabres, rigolades et contact humain.

Vous avez traversé de nombreuses villes, fait d’innombrables rencontres, bonnes et mauvaises. Mis à part toutes les différences entre les villes, les cultures et les individus, avez-vous constaté un point commun, une sorte de plus petit dénominateur commun de l’urbanité contemporaine ?

Nous avons vu plus de dénominateurs communs que de différences. L’humain est bienveillant et la ville est accueillante. Les traversées modifient notre perception autant qu’elles la clarifient. Le léger inconfort dans lequel nous nous mettons permet à l’alter ego d’exprimer toute sa générosité, quels que soient l’endroit ou la culture. Les habitants nous expriment des besoins fort humains : de prendre soin de l’autre, de faire des choses ensemble, d’être vivant et humain.

Dans cette optique, les mauvaises rencontres n’existent pas. Les propos des gens sur l’aménagement urbain sont souvent très intéressants. En tant que premier usager, nous devrions plus souvent écouter leurs discours sur le développement économique, sur la place des arbres en ville, ou encore sur l’aménagement de la prochaine ligne de train.

Quelles traces vos traversées laissent-elles sur leurs auteurs, c’est-à-dire sur vous-mêmes ?

Elles nous laissent des cernes dues à notre fatigue, car la traversée use les corps et les esprits autant qu’elle les nourrit, et elles nous laissent aussi des rides causées par nos sourires. De fait, les traversées nous offrent une dose d’humanité dont chaque être humain a besoin.

Nous produisons de la mémoire collective, d’abord pour les autres, et ensuite aussi un peu pour nous – mais avant tout pour la ville ellemême. La mythologie urbaine est toujours là, il suffit de lui créer l’espace pour se dire et s’entendre. La mémoire collective est le liant de l’architecture matérielle et humaine, c’est de ce trésor dont il est question.

Est-il plus important pour vous d’observer ou d’interagir ?

Sans hésitation : interagir. De fait, l’observation n’existe pas, puisque l’observateur modifie toujours la réalité.

La thématique du Design City LX Festival est Me craft – You industry – We design. Comment positionnez-vous votre approche par rapport à cette thématique ?

Nous avons une approche différente de la thématique, nous la voyons plus comme « We craft – We industry – We design ». C’est une identité culturelle qui est valorisée chez nous tous. Nous sommes plutôt « nous » que « eux ». Au sein d’une culture expérientielle du soi, il faut insister sur le commun, le « We ».

Shortcut

Discussions, babbling, laughter and human contact are the main elements of boijeot. renauld’s projects. A table or a bed in the middle of the street are just two examples of what they create to bring people together. ‘We seek within humans what they have in common, not the differences from one culture to another.’

boijeot.renauld, Hotel Empire, The New York crossing, U. S. 2015 © Clément Martin
boijeot.renauld, The Tokyo crossing, 2015 © Clément Martin
Organised by Mudam In collaboration with Ville de Luxembourg